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     Le mal se réveille, le mal est en marche.
     C'est la nuit, une masure sinistre au milieu de nulle part où telles les yeux d'une bête monstrueuse, les fenêtres illuminées d'une clarté blafarde semble fixer les ténèbres, guetter leur proie.
     Il commence à pleuvoir et le tonnerre résonne au loin. L'orage se rapproche et à intervalle régulier, les éclairs illuminent la lugubre masure aux murs lépreux dont l'enduit fatigué laisse apparaître des briques par endroit et dévoilent par à coups des inscriptions cabalistiques mystérieuses gravées dans la boue au pied du perron. Une ombre furtive, fantomatique, passe devant une fenêtre éclairée.
     Bientôt, comme surgit du néant, une silhouette sépulcrale imposante, inquiétante, vêtue d'un long manteau sombre et de bottes à la pointe effilée et aussi noires que l'enfer, s'approche lentement, mais résolument.
     La silhouette à la peau diaphane qui se trouve à l'intérieur de la vieille maison souffle les flammes dansantes de trois bougie piquées  sur un chandelier et la maison semble alors  rabattre ses paupières sur ses yeux infernaux.
     Alors que la silhouette qui approche sous la pluie arrive au perron, comme poussée par une main invisible, la porte s'ouvre tout à coup.
     Ne paraissant pas impressionnée par ce phénomène étrange, l'apparition ténébreuse monte une à une les marches en bois du perron battu par la pluie et où semblent s'agiter des milliers de vers ou de petits serpents.
     Arrivée au seuil de la bicoque, la silhouette marque un temps d'arrêt, hésitante, avant d'y entrer d'un pas résolu et de disparaître soudainement, comme absorbée par l'obscurité, tandis que d'étranges symboles rosés à l'apparence vaguement reptilienne ne forment sur le mur en face de l'entrée un chiffre mystérieux avant de disparaître en fumée.
     Puis, une voix glaçante, d'outre-tombe, résonne :
- Je t'attendais... Le temps est venu pour nous de nous mettre en quête de la clef, du réceptacle, qui m'ouvrira à nouveau les portes de ce monde misérable qui attend son Maître que ce stupide sorcier a cru me fermer à jamais.
     Une autre voix, obséquieuse :
- Vos désirs sont des ordres mon Maître. Je vous en prie, prenez place et partons sans tarder. IL nous attend. J'ai respecté le pacte, le Grand Duc d'En-Bas, celui qui commande à soixante légions infernales a payé son dû. Voyez Maître, en voilà le signe, fit une ombre en levant le bras et tirant sur la manche de son manteau pour désigner une inscription dansante sur son bras, comme un tatouage vivant : une sorte de gueule béante, ricanante, monstureuse, en un mot : obscène . 
- Alors hâtons-nous ! les chiffres de feu, nous ont averti qu'ils ne nous restent que très peu de temps avant que le pacte n'arrive à échéance et ne soit caduque.

 

 

 

 

     À cet instant précis, ailleurs, à Londres, un homme d'une trentaine d'années aux cheveux poivre et sel et au visage barré de deux cicatrices, l'une en forme d'éclair sur le front et l'autre sur la pommette, se réveille en sueur, la respiration saccadée. Il vient de faire un cauchemar. Une jeune femme aux cheveux roux le rassure. 

- J'ai un mauvais pressentiment, bredouille-t-il d'une voix haletante à la jeune femme aux cheveux roux. Une maternité... un échange d'enfants... Alors qu'ils s'échappent avec l'un des enfants... il les attaque...
- Mais qui attaque qui ? demande la jeune femme rousse d'une voix paisible et rassurante.
     Sans répondre à la question posée, comme encore perdu dans ses cauchemars, son compagnon continuait :
- Il est à la tête d'une troupe de fidèles Mangemorts... il a tué... Élias...
- Élias Grünwald del Vargur ? s'étonna la jeune femme. Le directeur de Brocéliande Académie ? Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a tué Grünwald del Vargur ? C'est ce que tu as vu, dans tes rêves ? Voyons, mon chéri, Élias est un grand sorcier, un homme aguerri et expérimenté qui ne se laisserait pas surprendre ainsi, même par celui Dont-Tu-Penses.
- Ce n'était qu'un mauvais rêve, insiste, la jeune femme.
- Ce n'était pas un mauvais rêve, répond l'homme, catégorique. Lord Voldemort n'est pas mort... Il est de retour et... il est à la recherche d'un nouveau corps... en France... si près de nous... Seule la mer nous sépare de ce monstre ! Nous... nous devons absolument avertir le ministère de la sorcellerie français !
- Voyons... voyons, tempéra la jeune femme rousse. Là-bas, ils penseraient que tu es pris d'un accès de folie, comme à l'époque de cette maudite Rita Skeeeter qui répandait sur toi des calomnies, des rumeurs assassines dans son torchon : La Gazette du sorcier.
     Les yeux hagards, il fixa de longues minutes les ombres du plafond avant de demander, la voix vibrante d'inquiétude : 
- Et le bébé ?
- Il vient de têter, je viens de changer sa couche, il dort... Tout va bien. Ne t'inquiète pas ainsi.  
- Et si Il trouvait le moyen de...
- Il est mort. Définitivement mort. Les cauchemars ne reflètent pas toujours la réalité.
- Crois-tu vraiment que ce genre d'être puisse mourir un jour ? Et si...
- Rendors-toi, mon chéri. Il n'y a plus rien qui puisse le faire revenir à la vie. La menace qu'il représentait a définitivement disparu le jour où tu l'as vaincu. Il est prisonnier pour l'éternité des limbes de l'Enfer. 
- Mais j'ai vraiment eu l'impression que le mal cherchait encore à ressurgir... Et ma cicatrice, celle en forme d'éclair, me fait souffrir  atrocement, comme si j'avais été brûlé au fer rouge ou... que la flamme d'un briquet avait léché mon front... Ce mauvais présage... comme aux heures les plus noires que nous avons vécues...
     Il jeta sur elle un regard sombre :
- Tu sais ce que cela signifie ?...
- Non, pas cette fois-ci, répondit-elle avec une grande douceur, sur un ton aussi apaisant que possible. Mais hélas, tant que l'humanité existera, il y aura des gens mauvais. Nous n'y pouvons rien. C'est la vie. Heureusement, aucun de ces autres êtres maléfiques ne pourra jamais être aussi redoutable que Voldemort. Ce n'est que l'aura de l'un ou l'autre de ces autres malfaisants que tu pourchasses sans cesse que tu as dû ressentir. Tu es tellement sensible, réceptif à toutes ces émanations du mal. Il te faut trouver le repos. Tu en as bien besoin... Harry, termina-t-elle en lui caressant doucement ses cheveux rebelles.

Le mal se réveille, le mal approche...

Le mal se réveille, le mal approche...

Tag(s) : #Harry Potter : L'aventure continue

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